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jeudi 20 avril 2017

Souvenir: Eva Eriksson, juste et drôle

Eva Eriksson.

Un album d'images posté sur Facebook me rappelle combien j'apprécie le travail d'illustratrice de la Suéoise Eva Eriksson. Quelle merveilleuse artiste, entrée en littérature de jeunesse en 1979. Les enfants ont de la chance. Voici quelques-uns de ses albums qui me sont revenus en mémoire.


"Juju le bébé terrible"
bien entendu
Barbro Lindgren
Eva Eriksson
La Farandole, 1982, épuisé
retraduit chez Mijade, 2006

Juju, le bébé terrible, et sa maman grande, un peu forte et surtout terriblement gentille. Le bébé en profite pour lui en faire voir de toutes les couleurs. Les bêtises s'enchaînent: descentes d'escalier, ploufs dans l'eau de vaisselle, échappées... Mais derrière tout cela, on perçoit la formidable complicité entre eux et leur immense amour.



Les séries débordantes d'humour  "Tom", "Mini Bill" et "Cricri lapin" de Barbro Lindgren et Eva Eriksson (Casterman et Duculot, épuisés, l'école des loisirs/les lutins, un titre disponible), explorant aussi l'univers des tout-petits avec des héros pleins de vie et aux bouilles particulièrement sympathiques.


"Le monsieur, la dame,
et quelque chose dans le ventre"
Kim Fupz Aakeson 
Eva Eriksson
traduit du danois par Nils Ahl
L'école des loisirs/Pastel, 2003

L'illustratrice suédoise Eva Eriksson fait de ses personnages les héros d'albums formidables. Des albums qui offrent un double plaisir de lecture: d'abord, celui, immédiat, de leur humour ravageur; ensuite, celui, plus profond, de la portée universelle des situations intimes qu'ils décrivent. Celui-ci, fable magnifique qui rappelle qu'avec l'amour, tout change, même ce qui est rationnel et logique, vaut aussi son pesant de petits Jésus.

Il met en scène un couple d'adultes heureux - ils s'aiment tellement qu'ils ne cessent de s'embrasser. Un matin, la dame déclare: "Je crois que j'ai quelque chose dans le ventre!" L'annonce fait glisser le récit d'une situation quotidienne réelle, drôle, pétillante, vers le fantastique: si la dame est bien enceinte, le bébé qu'elle met au monde n'est pas humain... Commentaire de l'homme: "Ah!" Commentaire de la dame: "Ah!"

Le couple passe par un premier stade où il essaie de mettre le bébé en conformité avec la norme, puis s'enfonce dans un marasme de plus en plus profond. Son équilibre est-il définitivement perdu? Non. Lors d'une visite au zoo, les parents découvrent un bébé humain élevé par les singes et prennent conscience de leur amour pour leur propre petit. Cette scène miroir est le pivot du récit, qui repart avec un bébé accepté.

Eva Eriksson confie que lorsqu'elle a reçu le texte, elle pensait qu'il y aurait un échange des enfants, apparemment intervertis, et que c'est en dessinant les images, en faisant vivre son personnage, en l'aimant, qu'elle a compris que l'échange était impossible.


"Le meilleur spectacle du monde"
Ulf Nilsson
Eva Eriksson
traduit et adapté du suédois par Alain Gnaedig
l'école des loisirs/Pastel
40 pages, 2012

A six ans, le jeune narrateur est très fort pour chanter plein de chansons à son petit frère. Dans l'intimité de la maison. A l'école, il se montre plutôt timide. Ce qu'admet la maîtresse qui lui propose de juste annoncer la fin du spectacle de leur classe. Mais même ça, c'est trop. Jusqu'à ce qu'un petit sauveur grimpe sur scène et donne confiance à son aîné. Bien vu.


"Grand-père est un fantôme"
Kim Fupz Aakeson
Eva Eriksson
traduit du danois
l'école des loisirs/Pastel
2005

Esben perd subitement son grand-père, mort d'une crise cardiaque au coin de la rue. Le rouquin nous fait part de ses émotions et de ses sentiments, de son désarroi surtout. Par exemple, quand sa maman lui dit que l'aïeul est monté au ciel alors que son papa lui explique qu'il va être mis en terre et que là-dessous, il se transformera lui aussi en terre et disparaîtra.

Voilà beaucoup d'explications pour un petit garçon qui finit par trouver sa propre voie quand son Grand-père revient la nuit, tel un fantôme. Pas de peur chez Esben, amusé au contraire de voir son aïeul traverser les murs, aller et venir dans le quartier ou crier "ouououououououhhhh". Mais le mort n'est pas heureux. Il cherche quelque chose, sans trop savoir quoi. Il égrène ses souvenirs avant d'écouter ceux de son petit-fils, déclic qui lui permettra de prendre congé d'Esben. Album un peu étrange aux images lumineuses et au texte attachant et rassurant. Un vrai livre d'amour.


"Nos petits enterrements"
Ulf Nilsson
Eva Eriksson
traduit du suédois par Alain Gnaedig
l'école des loisirs/Pastel, 2006

Petits arrangements avec la mort, entre jeux d'enfants et premiers sentiments devant la mort. Le narrateur, Esther et Lolo décident d'enterrer les animaux qu'ils trouvent morts. Après la tombe pour un bourdon, ce sera celle pour une musaraigne, un hamster et un coq... Une vraie petite entreprise. Sauf que la mort n'est jamais chose facile. Un beau texte, entre conte et poésie.


"Mimi et la biscuiterie"
Viveca Sundvall
Eva Eriksson
traduit du suédois
l'école des loisirs, 1989

Mimi Ljung est une jeune Suédoise de six ans. Elle nous raconte sa vie familiale, avec son papa facteur et sa maman serveuse dans un restaurant, sa vie avec ses copains dans la ville où est installée la biscuiterie Henry, sa vie à l'école avec son meilleur copain, Anders.

Mimi a deux préoccupations: savoir quand elle ira visiter la biscuiterie avec sa classe et savoir quand elle perdra sa première dent. Et voilà que les événements tant attendus se bousculent: une dent de Mimi se met à bouger le jour où la visite est prévue!

Mimi raconte les péripéties du déplacement. Avec toute leur naïveté et toute leur cocasse impertinence, les écoliers investissent la biscuiterie. Monsieur Henry découvre là des visiteurs bien dérangeants, mais avec beaucoup de psychologie, il répond à leurs questions. A la sortie, voilà Mimi qui perd sa dent, provoquant l'évanouissement de ses condisciples...

La visite leur ayant donné des idées, Mimi et Anders entreprennent alors d'élaborer leur propre recette de biscuits. Ingrédients: flocons d'avoine, lait caillé, œufs, raisins secs, sardines et glaces fondues. Le pire: les cuistots ont goûté de leur préparation!

Un album proche des enfants, tout en finesse et plein d'humour.





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