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lundi 28 novembre 2011

LC lèbre les 80 ans de Tomi Ungerer

Tomi Ungerer au travail chez lui (c) D. R.
28 novembre 2011.

Tomi Ungerer a 80 ans.

Bravo!

L'occasion pour nous de saluer un tout grand monsieur de la littérature de jeunesse.
Tendre, grinçant, irrévérencieux.
Et demeuré un sale gamin.

Né en Alsace, il a travaillé aux Etats-Unis, au Canada, en Irlande et aussi à Strasbourg, sa ville natale.

Il a signé pas moins de 140 albums.
En français, ils sont dans leur toute grande majorité publiés par l'école des loisirs.

 

Comment choisir dans cette épatante bibliographie?

Il y a les albums "Les trois brigands" et "Le géant de Zeralda" bien entendu. 
Ce n'est pas pour rien que le bel album toilé qui reprend quatre de ses histoires s'intitule "Ogres, brigands et compagnie". Quand cela est dit, tout s'explique.
Il réunit "Les trois brigands" (1961, 1968 en français), "Jean de la Lune" (1966, 1969 en français),  "Le géant de Zeralda" (1967, 1971 en français) et "Zloty" (2009).



Les trois brigands.




Jean de la Lune.



























Le géant de Zeralda.



















Mais Tomi Ungerer est aussi l'auteur des impeccables "Crictor", "Adélaïde", "La grosse bête de Monsieur Racine", "Pas de baiser pour Maman", les "Mellops", "Otto", "Le chapeau volant"...
Que de bons souvenirs.

Et des livres qui existent toujours en formats divers et qui sont en cours de réédition en grand format original.


 


Nous avions rencontré l'artiste en 1995, à la Foire du livre pour enfants de Bologne dont il était l'invité d'honneur.

Cheveux argentés et vêtements sombres, Jean-Thomas - dit Tomi - Ungerer appuyait sa main sur le pommeau d'une canne noire. Il avait un bras en écharpe. Le dessinateur Strasbourgeois était sorti de sa maison dans le noir, oubliant qu'il avait balancé par la fenêtre la glace du congélateur fraîchement dégivré. Il avait glissé et s'était déchiré un tendon ! Un de ses quatre derniers accidents idiots, nous confiait-il.
J'ai foi dans l'absurde, ma vie est absurde, mes accidents sont absurdes... Je cultive mon jardin d'absurdie.

En 1995, il récriminait déjà contre l'essor de la littérature de jeunesse. Une croissance trop forte qui le mettait hors de lui. Il se disait écœuré par l'étourdissante augmentation de la production littéraire destinée aux enfants. Un mot revenait sans cesse dans sa bouche :
Assez !

A la question "les enfants ont-ils besoin de livres ?", l'Alsacien nous répondait:
Oui, il faut des livres, mais des vrais. Au Canada, on donne de vrais livres de botanique aux enfants; ceux qui sont intéressés savent reconnaître les orchidées les plus rares. Il faut apprendre aux enfants à nommer les choses, il faut leur donner l'amour des mots : on n'a pas le droit de dire un arbre mais un chêne, on n'a pas le droit de dire un oiseau quand on voit un corbeau.
Chaque vache est un livre d'enfant, chaque outil est un livre d'enfant, ajoutant que ses 600 moutons apportent davantage que la production actuelle.

jeudi 24 novembre 2011

LM les "Pépites" de Montreuil

Officiellement intitulée Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, mais plus souvent présentée sous son premier nom de Salon de Montreuil, la manifestation qui se tiendra du 30 novembre au 5 décembre a décerné hier ses prix, baptisés des "Pépites". Huit catégories, pas une de moins!

Tout se trouve ici: http://www.salon-livre-presse-jeunesse.net/D_pri_lit_jeu.php et devrait être actualisé ce jeudi.

Mais ne boudons pas notre plaisir et saluons les auteurs de trois de ces pépites.



Anna Boulanger d'abord, coup de cœur de l'équipe avec "Le Haret québécois" (Attila), présenté ici-même il y a quelques semaines. Un joli coup de chapeau pour celle qui vient de sortir de l'Ecole Saint-Luc de Bruxelles!









Gwendal Le Bec ensuite, Pépite de l'album, pour "Le Roi des oiseaux" (Albin Michel Jeunesse).
Une version personnelle, toute en orange et noir sur papier crème, et très réussie du conte populaire.
Qui sera le roi des oiseaux? Qui s'approchera le plus du soleil?
On suit avec intérêt et plaisir les différentes espèces d'oiseaux dans leur concours.
La ruse l'emporte toujours sur la force mais les dialogues entre les volatiles tâtent aussi des notions que sont l'échec, l'égalité et l'excellence.
Saluons les dessins, pleins d'originalité et de fougue sous un apparent classicisme.
Un premier livre en tant qu'auteur-illustrateur très réussi pour celui qui avait dessiné l'album de Pierre Richard, "Le petit blond avec un mouton blanc" (Gallimard, 2010).

La discussion. (c) Albin Michel Jeunesse.


Le départ. (c) Albin Michel Jeunesse.

L'envol. (c) Albin Michel Jeunesse.






Julien Béziat, enfin, Pépite du premier album pour "Mäko" (L'école des loisirs/Pastel).
Un morse y sculpte la banquise.


jeudi 10 novembre 2011

LA dore le livre des couleurs de Pomelo

Pomelo, c'est ce petit éléphant rose qui vit dans un jardin potager.
Il est né de l'imagination de Ramona Badescu et Benjamin Chaud.
On le suit avec attention depuis sa naissance, en 2002.
Les albums se sont succédé, la plupart du temps très réussis.


Le dernier en date, "Pomelo et les couleurs" (Albin Michel Jeunesse) est un petit bijou.

Bien sûr, on y apprend les couleurs, et même leurs dégradés.
Mais c'est fait avec tellement de sentiment, de finesse, de tendresse.








On craque devant l'éléphanteau qui, découvre en même temps, les couleurs, les sentiments et le monde dans lequel il vit.

"le violet insondable de l'aubergine"

"le vert bouleversant du printemps"

"le jaune banane des Patates"


Les textes sont exemplaires et les images savoureuses.
Un tout grand Pomelo même si lui-même, tout en grandissant un peu, reste assez petit.
Mais c'est comme cela qu'on l'aime.


mercredi 9 novembre 2011

L10 que la suite des prix c'est pas mal non plus

Les dames du prix Femina n'ont choisi qu'une lauréate dans leurs trois prix, en catégorie essai, Laure Murat, auteur de "L'homme qui se prenait pour Napoléon: pour une histoire politique de la folie" (Gallimard), où elle étudie les liens entre événements politiques et folie.

En roman français, elles ont élu Simon Liberati pour "Jane Mansfield 1967" (Grasset), où il retrace le destin de celle qui ne devint jamais une star.

En roman étranger, elles ont opté pour Francisco Goldman et son superbe "Dire son nom" (Christian Bourgois), tombeau de son épouse morte dans un accident de surf.


Quant aux jurés du Goncourt des lycéens, ils ont désigné l'excellent roman de  "Du domaine des murmures" Carole Martinez (Gallimard).


Sans oublier Lyonel Trouillot, candidat malheureux au prix Goncourt, qui a reçu le Grand Prix du Roman Métis 2011 pour son roman "La belle amour humaine" (Actes Sud).








lundi 7 novembre 2011

LA prouve les choix des jurés des prix littéraires

Vous ne savez pas quoi lire?
Vous vous méfiez des palmarès des prix littéraires cette année,
car ils traînent trop de casseroles derrière eux?

Hé bien, pour ce qui est déjà sorti des éditions 2011 des prix, c'est du tout bon.
A lire sans hésitation.

Evidemment, ce n'est que l'arbre qui cache la forêt des bons livres.
Mais ce sont des pistes utiles devant les tables des libraires qui regorgent de titres.

Résumons donc, par ordre d'arrivée

Grand prix du roman de l'Académie française
"Retour à Killybegs", de Sorj Chalandon (Grasset)


Prix Goncourt
"L'art français de la guerre", d'Alexis Jenni (Gallimard)


Prix Renaudot
"Limonov", d'Emmanuel Carrère (P.O.L.)

Prix Décembre
ex-aequo
"Le dépaysement", de Jean-Christophe Bailly (Seuil)
"Gaston et Gustave", d'Olivier Frébourg (Mercure de France)

Prix Médicis
roman français: "Ce qu'aimer veut dire", de Mathieu Lindon (P.O.L.)
roman étranger: "Une femme fuyant l'annonce", de David Grossman (Seuil)

à voir sur http://www.youtube.com/watch?v=w2flBJ74Afo&feature=youtu.be&a


essai: "Dans les forêtes de Sibérie", de Sylvain Tesson (Gallimard)















jeudi 3 novembre 2011

LD couvre Anna Boulanger

Devinette
Regardez bien ces deux dessins, extraits d'albums qui paraissent aujourd'hui.

(c) Attila.


(c) Attila.




Ils ont été faits à plus de 40 ans d'écart.

Un océan sépare leurs deux créateurs.
La seconde dit même ne pas connaître le premier.
Ou du moins qu'elle ne le connaissait pas quand elle a réalisé cette série de dessins - depuis l'éditeur le lui a fait découvrir.

Et pourtant, quel air de famille, que de points communs! Quelle réussite et quel talent chez chacun.

Les avez-vous reconnus?

En haut à gauche, un dessin de l'immense Edward Gorey (1925-2000).
En dessous, à droite, un dessin d'Anna Boulanger, tout juste sortie de l'école Saint-Luc de Bruxelles et qui a déjà un peu travaillé dans la micro-édition.

Les deux artistes sont publiés par le même éditeur, Attila.

On se souviendra que la jeune maison d'édition française a entamé la réédition d'Edward Gorey.
On avait retrouvé ce dernier avec la "Trilogie de Treehorn" (voir note précédente), sur un texte de Florence Parry Heide qui vient de mourir, déclinée en "Le rapetissement de Treehorn", "Le trésor de Treehorn" et  "Le souhait de Treehorn".





Deux autres ouvrages du génial Américain arrivent aujourd'hui en librairie.

Il s'agit de son album célébrissime en tant qu'auteur-illustrateur, "Les enfants fichus" ("The Gashlycrumb Tinies", 1963), en version bilingue (le texte est traduit pour la première fois en français par Ludovic Flamant,  un autre Belge).



Edward Gorey y dresse un catalogue alphabétique de tout ce qui peut arriver comme malheurs aux enfants, Amy, Basil, Clara...
C'est cruel, grinçant, lugubre, tout ce qu'on veut, mais jamais macabre et surtout somptueux. Un véritable chef-d’œuvre.
Ultra-célèbre aux Etats-Unis, le livre a notamment inspiré Tim Burton pour "La Triste fin du petit enfant huître et autres histoires" (10/18). Chaque page de l’abécédaire est construite comme un vers de dix pieds; ils sont rimés deux à deux. 
La traduction française les a transposés en alexandrins, plus proches de notre oreille. 
Quant aux dessins, en noir et blanc, minutieux, splendides, ils donnent une bonne idée du côté irrévérencieux, et donc combien nécessaire, de leur auteur.

Pour s'en faire une idée, une vidéo à voir sur http://goo.gl/mkTaI




L'autre album illustré par Edward Gorey qui paraît chez Attila est "Les histoires de Donald" (textes de Peter F. Neumeyer, traduits par Oskar). C'est de celui-ci que provient l'image tout en haut.







Deux contes américains datant de 1969 et 1970 y sont rassemblés, complètement à hauteur d'enfant.
Dans le premier, il s'agit du sauvetage d'un ver blanc par Donald et sa maman.
Dans le second, du retrait d'une écharde du genou de Donald par sa maman.
A première vue, cela n'a l'air de rien, mais ce sont de fantastiques univers que déploient l'auteur et l'illustrateur.
L'album est conçu par doubles pages, celles de gauche, noires, accueillant le texte, celles de droite, proposant les délicates illustrations. 
Quel tremplin pour l'imagination et la fantaisie!


C'est exactement dans cette veine, imaginaire et technique, que s'inscrit Anna Boulanger (revoir la deuxième image plus haut).
"Le Haret québécois et autres histoires", son premier album, paraît aujourd'hui aux éditions Attila.


Un petit bijou surréaliste, tout en hauteur.
Ses cinq histoires sont nées de mots collectionnés en listes, ordonnés et désordonnés jusqu'à ce que naissent des images. Des images qui sont devenues des dessins, des mots qui sont devenus des phrases.
Au lecteur d'alors intervenir!












Une exposition Boulanger
Une partie des originaux d'Anna Boulanger apparaissant dans l’ouvrage
"Le Haret québécois" ainsi qu'une suite d'autres dessins, sont actuellement exposés chez Brüsel (100 boulevard Anspach,  1000 Bruxelles), et ce jusqu'au 23 novembre.
Vernissage ce jeudi 3 novembre à 19 heures en présence de l'artiste.
Sera également projetée  à cette occasion une version animée des "Enfants fichus", en présence du traducteur de l'album, Ludovic Flamant.

Un concours Gorey
Les éditions Attila organisent aussi un concours de traduction libre sur les "Enfants fichus" d'Edward Gorey.
Il est ouvert à tous les lecteurs, polyglottes (ou non), en âge de lire (ou pas), Goreymaniaques (ou en devenir),
amateurs de contraintes (surtout), prosateurs ou poètes, âgés de plus ou de moins de 18 ans, sans obligation d’achat.
"The Gashlycrumb tinies", qui fait l’objet du concours, cet abécédaire d’enfants malchanceux, est disponible en version originale (Bloomsbury) et en version bilingue (Attila).
Les lecteurs sont invités à traduire - ou réinventer - le texte des "Gashlycrumb tinies", titre compris, sans contrainte métrique, ni rythmique, ni onomastique, et à envoyer leur traduction par mail (info@editions-attila.net), courrier (16 rue Charlemagne, 75004 Paris), facebook ou dans les librairies participantes, du 6 novembre au 31 janvier 2012.


Un jury réunissant les amis d’Attila se réunira pour le Carnaval (21 février) afin de procéder à une sélection. Les gagnants recevront une surprise du catalogue attilesque.
Une anthologie des traductions les plus inventives apparaîtra sur le site internet de la maison d’édition.